La Bioconstruction

La bioconstruction, c’est quoi ?
En 7 points…

La bio construction est née de la conscience du besoin (et du désir attaché) d’abriter la vie humaine en sauvegardant la santé des êtres humains et la planète.
Cette science immémoriale devient aujourd‘hui à la mode du fait de la communication grandissante sur la pénurie annoncée des richesses fossiles, et de par la conscience des souffrances engendrées par les nuisances provenant des pollutions.
Enfin, la connaissance pratique ou intuitive de la nature de influences des endroits sur nos maisons grandit. Aujourd’hui, on parle souvent de géobiologie (influences de la « terre » sur la vie), alors que votre serviteur se faisait moquer par rapport à cela il n’y a pas si longtemps encore…

L’objet de cet article est d’esquisser les différentes approches et composantes de cette tendance, aujourd’hui, en France.

 

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1) La bioclimatique :
C’est s’adapter à un milieu donné, région, terrain, nature de l’espace, environnement, etc., ou faire évoluer cet endroit comme nécessaire…
Un terrain ou un endroit sont un trésor… Les ressources disponibles et gratuites qui sont offertes à leur propriétaire sont à découvrir ! Chaque lieu de l’espace a ses caractéristiques, et celles qui favorisent l’habitation de l’homme à cet endroit doivent être connues, analysées et utilisée…  La bioclimatique consiste à profiter de la quintessence des ressources d’un lieu, sans l’épuiser, en profitant de son potentiel naturel.
Lorsque les caractéristiques de l’endroit ne sont pas favorables, comment corriger et améliorer? Chaque endroit possède au moins quelques qualités. Lesquelles? L’analyse de votre architecte vous aidera à comprendre, à choisir tel terrain ou tel autre, tel parti ou tel autre… N’hésitez pas à le consulter avant d’arrêter votre décision, que vous prendrez alors en connaissance de cause, sans surprise désagréable…

2) Les économies d’énergie à la création du bâti :
Pour cela, utiliser autant que possible des matériaux et des techniques qui ne soit pas trop consommatrices d’énergie… Exemple : le bois. Dans les forêts naturelles, la création du bois est un phénomène naturel et ne demande AUCUNE énergie supplémentaire. Son traitement afin de le rendre propre à l’utilisation dans l’acte de bâtir est aussi peu consommateur.  À l’inverse, la production d’une mousse de type polyuréthane par exemple est complexe et grande consommatrice d’énergie; idem pour les laines de verre ou de roche… ou le béton armé…

3) Le recyclage :
Tous les matériaux employés seront, un jour ou l’autre, appelés à être recyclés. Quel héritage lèguerons-nous à nos descendants ? Le choix devrait se porter sur des matériaux recyclables ou non polluants.

4) Les économie d’énergie à l’utilisation : qui rejoignent la bioclimatique…
Comment utiliser et donc payer le moins possible d’énergie à l’utilisation d’un logement.
Bien au-delà de la question simpliste de l’isolation thermique, une interprétation correcte d’un espace et de ses ressources, alliée à une analyse des fonctions requises et à un bon choix des procédés et des matériaux utilisés, rendent possible l’autonomie ou la quasi autonomie (choix à arrêter) d’un habitat. Au minimum, il sera possible de maîtriser et de diminuer de façon étonnante la facture énergétique en question. L’objectif peut être d’obtenir une maison basse consommation (BBC – RT.2012), ou une maison passive (RT.2020 ?), ou une maison positive, créant plus d’énergie qu’elle n’en consomme.

5) La gestion financière et patrimoniale d’un projet :
Bâtir ou acheter un logement est un acte important. Parfois l’aboutissement d’un projet d’une vie, souvent le plus gros investissement d’une famille.
Alors il s’agit bien de ne pas manquer sa cible ! Quelle valeur aura ce logement dans vingt ans, quand le pétrole sera quasi épuisé… La sagesse est de s’orienter dès à présent vers une qualité qui permettra l’autonomie énergétique d’un habitat. Tout autre choix serait risqué ou dangereux.

6) La gestion humaine d’un projet :
Lorsque l’on parle de bioconstruction, c’est à dire de bâtir en rapport avec la vie au sens le plus noble du terme, on ne peut pas ne pas considérer ceux qui par leur travail, leurs efforts et leur sueur vont rendre réel ce projet. Cela depuis le temps des rêves et des réflexions, en passant par le temps des analyses et des esquisses, pour finalement arriver à la réalisation concrète de l’objet, dans l’espace, qui abritera une famille.
Si des hommes sont exploités ou trompés durant cette aventure, alors elle ne sera pas belle…
Cette évidence met en lumière le rôle et les responsabilités de l’architecte ou du concepteur, qui devra être aussi clair et précis que possible, sûr de son art et du coût de ses décisions, que les entreprises, responsables de la réalisation concrète de l’objet final, que le Maître d’Ouvrage (celui pour qui on bâtit, le propriétaire).
Celui-ci devra accepter de payer au juste prix le travail plus spécialisé, plus soigneux, qui donnera à sa « maison » la valeur qu’elle mérite. Celui-là devra accepter des responsabilités importante, concevoir et réaliser « en conscience » et non seulement pour remplir au sens administratif du terme une « mission » contractuelle…
La bioconstruction va au-delà de la normalisation et des habitudes courantes dans l’acte de bâtir.
Elle engage humainement les intervenants.
L’esclavage et l’exploitation, de même que l’esprit de lucre et la tromperie, n’ont pas de place dans cette démarche.

7) Le côté sain – la géobiologie :
Nous n’attendons pas d’un abri qu’il nous trahisse. Le repos et la tranquillité devraient être la qualité principale de cet endroit. Pourtant, le bon choix des matériaux employés et la parfaite satisfaction des fonctions caractérisant l’abri ne sont pas garantis. Combien de personnes savent que l’utilisation de certains matériaux est dangereuse et à proscrire ? Le scandale de l’amiante met un peu en lumière cela. Aujourd’hui, nous en savons assez pour dire que les laines minérales ou de verre doivent être utilisées avec précaution ; que les matériaux nés de l’industrialisation à outrance ne sont pas exempts de nuisances. Les poisons présents dans les traitements du bois ou dans certains systèmes d’isolation, les gaz s’échappant de certains produits, les conséquences résultant de telle ou telle utilisation des armatures des bétons armés ont une influence sur la santé humaine.

Enfin, sachons que le sol de notre planète, là où nous édifions nos bâtiments, est riche en influences sur ce qu’il supporte. Ces influences, positives ou négatives, agréables ou pénibles, bénéfiques ou dangereuses, devraient être connues. Environ sept réseaux principaux, électro magnétiques ou autre, pour certains bien connus et mesurables, quadrillent la planète. Citons principalement les réseaux de Hartman (qui fait réagir de simples capteurs en fil de fer) et celui de Curry, et qui agissent sur nos habitations. De ces réseaux peuvent résulter des conséquences importantes (telles que trouble du sommeil, impossibilité de travailler confortablement à un endroit, etc.), ou graves (telles que maladies). Des analyses simples, bien que peut rationnelles parfois, permettent, dans la majorité des cas, de se protéger des influences néfastes et de profiter des meilleures d’entre elles.

Toutes les influences citées seront plus ou moins graves suivant la résistance ou la sensibilité des individus concernés. Il est pourtant plus que temps de considérer cela. La qualité du repos, des relations humaines à l’intérieur de telle ou telle structure, le rendement au travail, la qualité du vécu, la résistance aux maladies, le « plaisir de vivre » sont en jeux…

Si vous devez acheter un endroit pour bâtir, avant d’arrêter votre choix sur un terrain,  l’analyse de votre architecte vous aidera à comprendre, à choisir tel terrain ou tel autre, tel parti ou tel autre… N’hésitez pas à le consulter avant d’arrêter votre décision, que vous prendrez alors en connaissance de cause, sans surprise désagréable…

Réussir son projet : FONCTIONS À REMPLIR

Les analyses et les solutions à mettre en œuvre seront toujours différentes en fonction de l’endroit et de l’utilisation d’une œuvre…
Aucune règle ne prévaut. Seule une analyse détaillée et épistémologique permettra de satisfaire totalement à l’attente de telle ou telle famille, de tel ou tel programme.
Souvent, plusieurs systèmes constructifs seront alliés pour atteindre l’objectif, et l’on mariera le bois et la brique, la chaux et le béton, le chanvre et l’acier, la pierre et le zinc, etc…

Globalement, l’on peut simplifier en listant les fonctions à remplir, les questions à se poser.

Un abri doit posséder les qualités (fonctions) suivantes :

Performances mécaniques, solidité, pérennité.
Protection aux intempéries et aux éléments (froid, chaud, eau, air, feu).
Isolation thermique (économie d’énergie en chauffage et climatisation).
Isolation phonique (tranquillité, intimité, repos).
Environnement sain (ensemble respirant et non dangereux).
Économies (coût d’utilisation réduit au maximum).
Entretien et utilisation facile (économie de temps et d’argent).
Volant thermique important pour les résidences principales.
Volant thermique minimum pour les résidences de Week-end.
Utilisation maximale des possibilités offertes par l’endroit.

Les difficultés à surmonter…

La France possède, en matière de bâtiment, la meilleure (ou l’une des meilleure) normalisation pour ce qui est des fonctions « solidité » « thermique » et « phonique », et en réglementation d’urbanisme et protection du patrimoine. Et donc également l’une des plus contraignante… Pour l’usager, cela est synonyme de sécurité. Pourtant, le carcan imposé par cela limite le champ d’action du concepteur et du réalisateur en bioconstruction.
En matière de pollution, de protection aux nuisances chimiques ou géobiologiques, des poisons, notre pays n’est pas en pointe. Un effort digne de performances de pionniers est parfois nécessaire, autant pour secouer le statut quo que pour autoriser l’utilisation de nouvelles technologie douces ou innovantes…
L’aberration d’interdire localement par exemple  l’utilisation des toits terrasses, ou l’architecture bois, ou les bâtiments novateurs en forme et nouvelles esthétique, limite grandement les possibilités de création du concepteur ; souvent, au détriment de la qualité finale.
Le bon sens, l’audace, l’esprit d’analyse et la sagesse seront donc les principaux alliés du constructeur en bioconstruction. Ainsi, par exemple, la norme d’inspiration « EDF » (pour l’isolation) pousse à bâtir suivant le principe de la boite de polystyrène, en tout isolation et étanchéité, et seuls les ingénieurs en spécialité « thermiques » sauront prouver par exemple que la fonction « volant thermique » doit être impérativement prise en compte. Pourtant, ces vieilles maisons du sud tricentenaires, fraîches en été, et faciles à garder en température agréable l’hiver, intégraient déjà cette fonction… Également, dans les pays chauds, le savoir ancestral montrait comment réguler les températures sans l’aide de chaudières et de climatiseurs.
Ce sont ces sciences qu’il convient de redécouvrir, de mettre au goût du jour et d’appliquer, avec la facilité offerte par le magnifique progrès technologique dont nous pouvons profiter aujourd’hui.

La bioconstruction : Une merveilleuse certitude…

Henri PIGUILLEM
Architecte conseil diplômé par le gouvernement
Spécialiste en rénovation, maisons individuelles et bioconstruction.